L’essentiel Un VPN entreprise chiffre les connexions de vos salariés et restreint l’accès aux ressources internes aux seules personnes autorisées, où qu’elles travaillent. Sur les quatre solutions B2B relevées par Privova le 5 août 2026 sur les pages officielles des éditeurs, les tarifs publics vont de 5 $ par utilisateur et par mois (Twingate Teams) à 14 $ (NordLayer Premium), avec un plancher de 5 licences chez NordLayer et de 2 chez Proton VPN for Business. Check Point SASE, l’ex-Perimeter 81, ne publie plus aucun prix.
Un VPN entreprise sécurise les connexions de vos salariés en créant un tunnel chiffré entre leurs appareils et votre réseau interne, où qu’ils soient. Contrairement à un VPN grand public, il gère les comptes d’équipe, le contrôle d’accès aux ressources et l’administration centralisée, un prérequis dès que le télétravail entre en jeu.
Concrètement, cette page répond à trois questions de dirigeant : quelle solution B2B choisir et à quel prix par utilisateur, à quoi sert vraiment un VPN d’entreprise au quotidien, et ce que le RGPD attend de vous en télétravail. On commence par le comparatif, parce que c’est ce que vous êtes venu chercher.
Comparatif VPN entreprise : 4 solutions et leurs tarifs relevés
Ces quatre solutions couvrent l’essentiel de ce qu’une PME française peut réellement souscrire aujourd’hui : deux éditeurs qui publient leurs prix au grand jour, un acteur suisse qui met en avant sa juridiction, et un poids lourd qui ne publie aucune grille tarifaire.
Comment j’ai comparé Chaque chiffre et chaque fonction de cette section a été relevé le 5 août 2026 directement sur la page officielle de l’éditeur, jamais repris d’un comparateur tiers ; les six pages consultées sont listées en fin de section. Je n’exploite pas de banc d’essai VPN d’entreprise : ce comparatif confronte ce que les éditeurs publient et signale ce qu’ils ne publient pas, il ne mesure aucun débit. Quand une information est absente de la page officielle, la case le dit au lieu de la deviner.
Ce que ça coûte, par utilisateur
| Solution | Facturation | Prix affiché par utilisateur et par mois | Plancher de licences | Support |
|---|---|---|---|---|
| NordLayer | Par utilisateur, annuelle | 8 $ (Lite), 11 $ (Core), 14 $ (Premium) | 5 utilisateurs sur les 3 plans | 24/7 sur les 3 plans, gestionnaire de compte dédié dès Core |
| Twingate | Par utilisateur, mensuelle ou annuelle (15 % de remise) | 5 $ (Teams, jusqu’à 100 utilisateurs), 10 $ (Business, jusqu’à 500) | Aucun, offre gratuite jusqu’à 5 utilisateurs | Support prioritaire réservé à l’offre Enterprise |
| Proton VPN for Business | Par utilisateur, mensuelle ou annuelle | Non lisible sur la page de tarifs sans JavaScript | 2 utilisateurs (3 avec Pass) | Non précisé sur la page produit |
| Check Point SASE (ex-Perimeter 81) | Sur devis | Aucun tarif public, démonstration ou prise de contact | Non communiqué | Non communiqué publiquement |
Les sept critères qui décident vraiment en B2B
| Critère | NordLayer | Twingate | Proton VPN for Business | Check Point SASE |
|---|---|---|---|---|
| Gestion centralisée | Console d’administration, tous plans | Console d’administration, tous plans | Panneau de contrôle unique, tous plans | Console héritée de Perimeter 81 |
| SSO / SAML | Inclus sur les 3 plans | Google Workspace dès Teams, Okta et Entra ID dès Business | Absent de VPN Essentials, inclus dès VPN Professional (Okta, Google Workspace, Entra ID, tout fournisseur SAML 2.0) | Non détaillé sur la page produit |
| Provisioning SCIM | Option sur Lite et Core, inclus sur Premium | Absent avant l’offre Business | Non précisé | Non détaillé |
| IP dédiée | Absente de Lite, option à 40 $/mois sur Core, incluse sur Premium | Non annoncée sur la page de tarifs | IP dédiées dans plus de 20 pays, 30 emplacements et plus | Non détaillé |
| Journalisation | Rapports de suivi d’activité inclus sur les 3 plans | Analytics à partir de l’offre Business | Non précisé sur la page produit | Non détaillé |
| Conformité et localisation | ISO 27001, SOC 2, PCI-DSS, HIPAA ; accompagne RGPD et NIS2 | Statut publié dans un centre de confiance externe, illisible sans JavaScript | Éditeur suisse, adresse affichée à Genève ; « conçu en tenant compte du RGPD, de HIPAA et du CCPA » | Rien de public, tout passe par le commercial |
| Engagement et SLA | Annuel pour le tarif affiché, aucun SLA publié | Libre-service mensuel ou annuel, facture et support prioritaire réservés à Enterprise | Mensuel ou annuel, aucun SLA publié | Contrat négocié, aucune souscription en libre-service |
Le tableau dit une chose qu’aucun éditeur n’écrira à votre place : aucune des trois solutions en libre-service ne publie de SLA. Si un engagement de disponibilité contractuel fait partie de vos exigences, vous passerez par un devis, quel que soit le fournisseur.
Laquelle pour quel profil
- PME de 5 à 50 salariés sans DSI : NordLayer. C’est la seule des quatre à inclure le SSO, la journalisation d’activité et le support 24/7 dès son entrée de gamme à 8 $. Prévoyez 40 $ par mois de plus sur l’offre Core si l’IP dédiée vous sert à filtrer vos outils SaaS, ou passez sur Premium à 14 $ qui l’inclut avec le provisioning SCIM.
- Équipe technique de moins de 100 personnes, 100 % cloud : Twingate. C’est le tarif d’entrée le plus bas du tableau à 5 $, et la seule offre gratuite jusqu’à 5 utilisateurs pour tester en conditions réelles avant de payer. Le piège est l’offre Teams : ni provisioning automatique, ni journalisation avant l’offre Business à 10 $.
- Organisation qui doit justifier la localisation de ses données : Proton VPN for Business. C’est le seul des quatre à afficher son adresse et sa juridiction sur sa page produit, en Suisse à Genève, un argument concret face à un délégué à la protection des données.
- Grand compte ou structure multi-sites : Check Point SASE. L’absence de tarif public allonge le cycle d’achat, mais un devis est aussi le seul moyen d’obtenir un SLA négocié et de couvrir des besoins réseau étendus.
Deux pièges de tarification Les prix de NordLayer et Twingate sont affichés en dollars et supposent la formule la plus engageante : facturation annuelle chez NordLayer, remise de 15 % pour l’annuel chez Twingate. Et la ligne la moins chère du site de Twingate, l’offre Home à 15 $ par mois pour 7 utilisateurs, est explicitement limitée à un usage non commercial : elle ne concerne pas une entreprise, même très petite.
Transparence : aucun lien affilié dans ce comparatif Privova vit de l’affiliation et le dit partout. Ici, rien n’est rémunéré : nous n’avons aucun partenariat ouvert sur une offre VPN d’entreprise à ce jour, et les liens de la section Sources pointent directement vers les pages officielles, sans traçage ni commission. Une précision honnête s’impose tout de même : Privova est bien affilié à Proton pour son VPN grand public, cité plus bas dans cette page, mais pas pour Proton VPN for Business, qui figure ici au même titre que les trois autres. Nous préférons un comparatif sans lien rémunéré à une recommandation dictée par le seul programme disponible.
Sources, consultées le 5 août 2026 : tarifs NordLayer et page conformité NordLayer, tarifs Twingate, Proton VPN for Business et sa page de tarifs, Check Point SASE, vers lequel perimeter81.com redirige désormais en 301.
VPN entreprise : définition et fonctionnement
Un VPN entreprise (Virtual Private Network) est un service qui relie de façon sécurisée les collaborateurs d’une société à ses ressources internes : serveurs, applications métier, fichiers partagés, intranet. Quand un salarié se connecte, son trafic passe par un tunnel chiffré et par une passerelle d’authentification : sans identifiants valides, aucun accès aux outils internes.
La différence avec un VPN personnel est structurelle. Un VPN grand public masque votre adresse IP et chiffre votre navigation, point. Une solution VPN professionnelle ajoute trois briques essentielles :
- La gestion centralisée des comptes : un administrateur crée, suspend ou supprime les accès en un clic quand un salarié arrive ou part.
- Le contrôle d’accès aux ressources : chaque équipe ne voit que ce qui la concerne (la compta n’atteint pas les serveurs de dev).
- L’IP dédiée et le filtrage : votre entreprise dispose d’une adresse fixe, qui sert de porte d’entrée whitelistée vers vos applis SaaS et votre infrastructure.
C’est cette logique d’accès, authentifier qui se connecte à quoi, qui sépare un outil de sécurité d’un simple anonymiseur. Visuellement, le chemin d’une connexion tient en trois étapes, et c’est la troisième qui fait toute la différence avec un VPN grand public.
À quoi sert un VPN entreprise ? 4 usages concrets
1. Sécuriser le télétravail
C’est l’usage numéro un. Un salarié en télétravail qui ouvre son ordinateur dans un café se connecte à un Wi-Fi non maîtrisé, exposé aux interceptions. Le VPN chiffre toute la connexion : même si le réseau est compromis, les données restent illisibles. Pour une équipe distribuée, c’est la base de la sécurité d’un poste de travail à distance.
Ce n’est pas une position d’éditeur : l’ANSSI, l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, consacre au sujet un référentiel entier, ses recommandations sur le nomadisme numérique (version 2.0, novembre 2023), qui traitent précisément de l’ouverture du système d’information aux accès distants et de la maîtrise des nouveaux flux qu’elle génère. Si vos collaborateurs travaillent surtout en déplacement, la section consacrée plus bas à l’accès distant et au nomadisme détaille ce que la mobilité exige en plus.
2. Protéger les données sensibles
Données clients, fiches RH, contrats, données bancaires : tout ce qui transite entre le domicile du salarié et vos serveurs doit être chiffré. Sans VPN, ces flux circulent en clair sur des réseaux que vous ne contrôlez pas, une faille évidente pour une PME comme pour un grand compte.
3. Cloisonner les accès internes
Toutes les ressources ne doivent pas être ouvertes à tout le monde. Une bonne solution professionnelle segmente : on autorise tel groupe à atteindre tel serveur, et on bloque le reste. C’est le principe du moindre privilège, qui limite drastiquement les dégâts en cas de compte compromis.
4. Filtrer par IP fixe les outils SaaS
Beaucoup d’outils B2B (CRM, banque en ligne, plateformes d’admin) permettent de restreindre l’accès à une liste d’adresses IP autorisées. Avec une IP dédiée d’entreprise, vous whitelistez une seule adresse : seuls les salariés passant par le VPN peuvent ouvrir ces outils, où qu’ils soient physiquement.
Quel type de solution pour votre entreprise ?
Au moment de chercher une solution, beaucoup de dirigeants tombent sur le terme « business VPN ». Attention : il recouvre deux réalités très différentes, et c’est souvent là que naît la confusion. L’une relie des lieux (un VPN opérateur de type MPLS, vendu par un télécom pour interconnecter des sites), l’autre sécurise des personnes (un VPN cloud, déployé en logiciel pour donner aux utilisateurs un accès distant aux ressources).
Pour la grande majorité des entreprises, c’est la seconde approche qui s’impose, parce qu’elle est pensée pour le travail distribué : c’est elle, et elle seule, que compare le tableau en tête de page. Si votre besoin est précisément d’interconnecter des bureaux physiques, la logique d’infrastructure correspondante est détaillée dans la section suivante.
Topologies site à site : relier des bureaux plutôt que des personnes
Un VPN site à site (ou site-to-site) relie deux réseaux locaux entiers par un tunnel chiffré permanent, monté entre leurs équipements de bordure. Ce qui est relié n’est pas un appareil isolé mais un site complet : un poste du siège atteint un serveur d’agence comme s’ils étaient dans la même pièce. Le tunnel vit sur les passerelles, jamais sur les postes. Ordinateurs, imprimantes et serveurs n’ont rien d’installé : ils envoient leur trafic à la passerelle locale, qui le chiffre, l’expédie à la passerelle d’en face et le fait déchiffrer à l’arrivée. Pour l’utilisateur, l’opération est invisible.
| Critère | Site à site | Accès distant (client-to-site) |
|---|---|---|
| Ce qui est relié | Deux réseaux locaux complets | Un appareil individuel à un réseau |
| Où vit le tunnel | Sur les passerelles (routeur, pare-feu) | Sur le poste, via un client logiciel |
| Action de l’utilisateur | Aucune, transparent | Lancer le client et s’authentifier |
| Durée | Permanent | Le temps de la session |
| Usage type | Relier un siège et ses agences | Télétravail, déplacements, mobilité |
Les deux briques ne s’excluent pas : une entreprise multi-sites monte des tunnels entre ses bureaux et ouvre un accès distant à ses itinérants, dans la même architecture.
Comment le tunnel se monte, et pourquoi il échoue
La liaison repose le plus souvent sur IPsec, qui négocie en deux temps avant de laisser passer le moindre paquet. En phase 1 (IKE), les deux passerelles s’authentifient mutuellement, par clé pré-partagée ou par certificats, et ouvrent un canal sécurisé pour discuter. En phase 2, elles négocient les paramètres de chiffrement du trafic réel et déclarent quelles plages d’adresses ont le droit de traverser. Le tunnel se monte alors et reste actif en continu, avec un renouvellement automatique des clés à intervalles réguliers.
Deux points expliquent la majorité des tunnels qui ne montent pas. D’abord les ports : IPsec en IKEv2 s’appuie sur UDP 500 pour la négociation et UDP 4500 quand un équipement traverse du NAT. Si un pare-feu en amont les bloque, la phase 1 n’aboutira jamais. Ensuite le chevauchement de plages d’adresses : si vos deux sites utilisent le même sous-réseau local, typiquement 192.168.1.0/24 des deux côtés, le routage ne sait plus quel site viser et le tunnel devient inexploitable. Cela se planifie avant le déploiement, pas après.
Quelle technologie pour quelle liaison
| Technologie | Atout principal | À savoir |
|---|---|---|
| IPsec / IKEv2 | Standard universel, supporté par tous les routeurs et pare-feu professionnels | Configuration plus rigide, sensible au NAT et aux pare-feu intermédiaires |
| OpenVPN | Très souple, traverse facilement les pare-feu (peut passer en TCP/443) | Plus lourd en ressources, débit inférieur à IPsec sur gros volumes |
| WireGuard | Configuration simple, débit élevé, code réduit | Plus récent, à valider selon le support de vos équipements |
| MPLS (opérateur) | Liaison privée gérée par le télécom, qualité de service contractuelle | Ne transite pas par l’Internet public, vendu sur devis, coût élevé |
Côté matériel, les PME montent généralement ces tunnels sur des pare-feu open source (pfSense, OPNsense), gratuits en licence mais qui demandent des compétences réseau, ou sur des pare-feu commerciaux (Fortinet, Stormshield) au ticket d’entrée plus élevé mais au support constructeur. Les offres opérateur externalisent l’ensemble, sur devis.
Les trois limites à connaître avant de s’engager
Le site à site fait confiance à tout le réseau d’en face. Une fois le tunnel monté, les deux sites se voient largement : un poste compromis dans une agence peut atteindre des ressources du siège si rien ne segmente les accès. Il passe mal à l’échelle : relier deux ou trois sites est simple, maintenir un maillage complet de dix bureaux multiplie les tunnels et la charge d’administration. Et il ne gère pas la mobilité, puisqu’il relie des lieux fixes.
Ces trois limites sont exactement ce qui pousse vers les architectures ZTNA (Zero Trust Network Access) et les VPN maillés : plutôt qu’ouvrir un réseau à un autre, chaque accès est authentifié et restreint à la ressource précise dont l’utilisateur a besoin. Pour une PME sans ingénieur réseau, une plateforme gérée qui couvre à la fois l’interconnexion de sites et l’accès distant depuis une console unique évite le paramétrage manuel de chaque passerelle, et c’est ce que proposent les quatre solutions comparées en tête de page.
Accès distant, mobilité et nomadisme : équiper des collaborateurs itinérants
Le « VPN nomade » n’est pas une technologie de plus. C’est l’accès distant appliqué à un cas d’usage : connecter des personnes qui se déplacent, sur des réseaux qui changent en permanence. Le mot vient du vocabulaire télécom français, où « nomade » qualifie un service utilisable depuis n’importe quel point d’accès, par opposition à une liaison rattachée à une adresse physique. C’est aussi le vocabulaire de l’administration : le référentiel de l’ANSSI cité plus haut porte précisément ce nom, nomadisme numérique (version 2.0, novembre 2023).
Ce que la mobilité exige en plus
Trois exigences distinguent un accès nomade d’un simple accès distant sédentaire :
- La reconnexion automatique. Le tunnel doit se rétablir seul quand le collaborateur passe du Wi-Fi à la 4G, sort d’un tunnel ferroviaire ou change de point d’accès. Sans cela, l’usage devient insupportable au quotidien et les salariés finissent par désactiver le client.
- La compatibilité multi-appareils. Ordinateur portable, tablette, smartphone iOS et Android, avec un client léger. Un collaborateur itinérant travaille rarement sur une seule machine.
- La révocation immédiate par utilisateur. En mobilité, la perte et le vol d’appareil sont des risques réels, pas théoriques. Couper un accès individuel en un clic est ce qui sépare une solution gérée d’un abonnement partagé.
Le tunnel est agnostique du réseau
C’est le point qui rassure le plus les dirigeants : le tunnel se construit par-dessus la connexion existante, sans dépendre de sa nature. Sur données mobiles, un commercial lance son client depuis son smartphone en partage de connexion ou depuis une tablette équipée d’une carte SIM : l’opérateur ne voit qu’un flux chiffré, et le système d’information ne voit qu’un utilisateur authentifié. Sur un Wi-Fi public d’hôtel, de café ou de coworking, le scénario le plus exposé, le réseau local redevient un simple transporteur qui achemine des données qu’il ne peut pas lire. C’est exactement la situation que documente le guide de la sécurité des données personnelles de la CNIL, référence pour justifier ses choix techniques en cas de contrôle. Et depuis l’étranger, la passerelle de l’entreprise fournit un point d’entrée stable pour les outils internes qui filtrent les connexions par zone géographique.
Trois signaux qui rendent l’accès nomade nécessaire
- Des collaborateurs travaillent régulièrement hors des locaux, sur des réseaux que vous ne maîtrisez pas.
- Ils accèdent en mobilité à des données sensibles : clients, RH, finances.
- Vous devez documenter vos mesures de sécurité au titre de l’article 32 du RGPD.
Si deux de ces trois cases sont cochées, l’accès chiffré n’est plus un confort. Le dimensionnement, lui, se fait sur le nombre exact de collaborateurs réellement itinérants, quitte à ajouter des comptes ensuite : toutes les solutions gérées le permettent, et c’est le plancher de licences, détaillé plus bas, qui fixe votre mise de départ.
Combien coûte un VPN entreprise ? (repères 2026)
Le prix dépend entièrement de la famille choisie, et les deux modèles ne se comparent pas directement.
Côté cloud, la facturation est simple : un montant par utilisateur et par mois, généralement avec un engagement annuel. La fourchette relevée sur les pages officielles des éditeurs va de 5 à 14 $ par licence selon les fonctions activées (IP dédiée, journalisation, provisioning SCIM, authentification unique SSO). Le coût total suit donc le nombre de collaborateurs à équiper, pas le volume de données échangées.
Côté opérateur (MPLS), il n’y a pas de tarif public : tout se fait sur devis. Le prix se calcule en fonction du nombre de sites à relier, du débit garanti, des équipements et de la durée d’engagement. Le ticket d’entrée est nettement plus élevé, et l’engagement se compte souvent en années.
Les tarifs réellement affichés par les éditeurs figurent dans le comparatif en tête de page. Trois repères pour budgéter sans mauvaise surprise, tirés de ces mêmes relevés :
- Le plancher de licences fixe votre mise de départ, pas le prix unitaire. NordLayer impose 5 utilisateurs sur ses trois plans, Proton VPN for Business en demande 2 (3 avec Pass), Twingate n’en impose aucun et va jusqu’à proposer une offre gratuite pour 5 utilisateurs. À 8 $ l’unité, le ticket d’entrée NordLayer est donc de 40 $ par mois, pas de 8 $.
- Le tarif affiché suppose la formule la plus engageante. Les trois prix de NordLayer sont annoncés en facturation annuelle, avec une économie revendiquée de 20 à 22 % par rapport au mensuel. Chez Twingate, les 5 $ et 10 $ sont des prix mensuels, l’annuel retirant 15 %.
- Les options font vraiment bouger la facture. L’IP dédiée, celle qui vous sert à whitelister vos outils SaaS, est absente de l’entrée de gamme NordLayer, facturée 40 $ par mois sur l’offre Core et seulement incluse sur Premium. Le provisioning SCIM suit la même logique : en option jusqu’à Core, inclus sur Premium.
Méfiez-vous enfin du « vpn entreprise gratuit ». Une seule solution sérieuse l’est réellement, et sous condition stricte : OpenVPN Access Server offre 2 connexions simultanées à vie, toutes fonctions comprises et sans carte bancaire. Au-delà, la licence Growth coûte 7 $, soit 6,60 €, par connexion simultanée et par mois en facturation annuelle, à partir de 3 connexions (tarifs OpenVPN, relevés le 5 août 2026). Attention au changement d’unité : on ne paie plus par utilisateur mais par connexion simultanée, et le logiciel s’héberge sur vos propres serveurs. Pour une PME sans DSI, le temps d’administration dépasse vite l’économie de licence.
Pour une PME, le business VPN cloud est presque toujours l’option la plus économique : on paie l’usage réel, sans immobiliser de budget dans une infrastructure. Le MPLS se justifie surtout pour les organisations multi-sites avec des besoins réseau spécifiques.
VPN entreprise et RGPD : ce que dit la loi sur le télétravail
C’est le point que beaucoup de dirigeants sous-estiment. Le VPN entreprise n’est pas légalement obligatoire au sens où aucun texte ne le nomme explicitement. Mais le RGPD impose, à son article 32, des « mesures techniques et organisationnelles appropriées » pour protéger les données personnelles, en tenant compte de l’état des connaissances, des coûts de mise en œuvre et des risques encourus.
Traduction concrète : dès qu’un salarié accède à distance à des données personnelles (fichiers clients, données RH, coordonnées, données de santé), l’entreprise doit pouvoir démontrer qu’elle a pris des mesures de sécurité adaptées. Un accès chiffré et authentifié, typiquement un VPN ou une solution Zero Trust équivalente, fait partie des mesures attendues lors d’un contrôle CNIL. C’est aussi la logique du guide de la sécurité des données personnelles publié par la CNIL, qui sert de référence aux organismes pour documenter leurs choix techniques.
En cas de fuite de données sur un réseau non sécurisé, l’absence de telles mesures peut être retenue comme un manquement, avec sanctions à la clé. Mettre en place un VPN pour le travail à distance, c’est donc autant de la conformité que de la sécurité, et un argument simple à documenter dans votre registre des traitements.
Au-delà du VPN, la protection des accès passe aussi par l’hygiène des mots de passe et l’authentification forte : pensez à coupler votre solution à un gestionnaire de mots de passe et à parcourir nos guides sécurité et vie privée pour couvrir l’ensemble de la surface d’exposition.
Comment déployer un VPN entreprise dans votre équipe
La mise en place d’une solution cloud se résume à une procédure courte, sans aucune intervention réseau :
- Choisissez une solution gérée adaptée à votre taille d’équipe (NordLayer pour démarrer simplement).
- Souscrivez le nombre de licences correspondant à vos collaborateurs : vous pourrez en ajouter au fil des recrutements.
- Créez un compte par utilisateur depuis la console d’administration et invitez chacun par email.
- Faites installer l’application sur les ordinateurs et smartphones professionnels : la connexion sécurisée se monte automatiquement.
- Définissez les règles d’accès : qui peut atteindre quelle ressource interne, avec quel niveau de privilège.
- Activez l’authentification forte (SSO ou double facteur) pour verrouiller l’accès même en cas de mot de passe compromis.
Ne réutilisez jamais un VPN grand public partagé entre plusieurs salariés via un compte commun. Vous perdez toute traçabilité, vous ne pouvez pas révoquer un accès individuel, et vous violez généralement les conditions d’utilisation du service. Le coût d’une vraie solution d’équipe est marginal face au risque.
Comment choisir : la checklist en 6 points
Avant de signer, validez ces critères dans cet ordre. Chaque repère chiffré vient des relevés du 5 août 2026 présentés en tête de page.
- Plancher de licences et coût du salarié suivant : 5 utilisateurs minimum chez NordLayer, 2 chez Proton VPN for Business, aucun chez Twingate. C’est ce plancher, pas le prix unitaire, qui fixe votre mise de départ réelle.
- SSO et provisioning : le SSO est inclus dès l’entrée de gamme chez NordLayer, mais l’intégration Okta et Entra ID est réservée à l’offre Business chez Twingate. Le provisioning SCIM est ce qui coupe l’accès d’un salarié qui part le jour où il part, sans dépendre de la mémoire de personne.
- IP dédiée : indispensable si vous voulez whitelister vos outils SaaS et votre infrastructure. Comptez 40 $ par mois en option sur l’offre Core de NordLayer, ou l’offre Premium qui l’inclut.
- Journalisation : sans rapport d’activité, vous ne pourrez rien démontrer en cas d’incident ou de contrôle. NordLayer l’inclut sur ses trois plans, Twingate à partir de l’offre Business seulement.
- Conformité et localisation des données : demandez les certifications par écrit et l’emplacement des données. NordLayer publie ISO 27001, SOC 2, PCI-DSS et HIPAA, Proton affiche une adresse suisse, les deux autres ne documentent rien publiquement.
- Engagement et SLA : aucun des trois éditeurs en libre-service ne publie de SLA sur sa page de tarifs. Si un engagement de disponibilité vous est imposé en interne, prévoyez de passer par un devis, ce qui est le mode par défaut chez Check Point SASE.
VPN entreprise ou VPN grand public : comment trancher ?
La règle est nette. Un VPN grand public protège un individu : il chiffre sa connexion et masque son IP, point. Un service comme NordVPN ou Proton VPN en version classique ne gère ni comptes d’équipe, ni contrôle d’accès aux ressources internes, ni administration centralisée. Dès qu’il s’agit d’ouvrir et de révoquer des accès pour plusieurs personnes et de garder une trace de qui a atteint quoi, il faut une solution VPN entreprise.
- Vous êtes seul, freelance ou en usage personnel ? Un VPN grand public suffit, et il vous coûtera moins qu’une licence B2B. Notre comparatif VPN détaille les offres individuelles, et un VPN sécurisé axé vie privée fait le travail pour une personne. Disons-le clairement : ce lien est affilié, l’offre est individuelle, ce n’est pas une solution d’équipe et nous ne la présentons pas comme telle.
- Vous équipez une équipe et protégez des données professionnelles ? Remontez au comparatif des quatre solutions B2B en tête de page. Aucun abonnement grand public partagé ne remplace une console d’administration, un journal d’activité et une révocation d’accès individuelle.
Confondre les deux est l’erreur la plus fréquente : un abonnement grand public partagé donne une fausse impression de sécurité, sans aucun des garde-fous attendus en entreprise.
En résumé
Un VPN entreprise sert à chiffrer les connexions de vos salariés, protéger vos données et contrôler qui accède à quoi, un socle de sécurité incontournable à l’ère du télétravail et un atout de conformité RGPD. Selon votre besoin, deux familles de solutions existent : le VPN opérateur (MPLS), lourd et sur devis, pensé pour relier des sites ; et la solution cloud, déployée en logiciel et facturée par utilisateur, pensée pour sécuriser des équipes où qu’elles travaillent. Pour la quasi-totalité des PME et TPE, c’est l’approche cloud qui s’impose : rapide à déployer, économique et taillée pour le travail distribué. Côté budget, les tarifs publics relevés le 5 août 2026 s’échelonnent de 5 $ à 14 $ par utilisateur et par mois, et le plancher de licences pèse souvent plus lourd que le prix unitaire. Si votre besoin est d’interconnecter des bureaux plutôt que des personnes, reprenez la section sur les topologies site à site ; si vos équipes travaillent surtout en déplacement, celle sur l’accès distant et le nomadisme ; et pour un usage individuel, partez de mon comparatif VPN.